AFRICA CUP 2021 – Coelacants in the ball : l’entreprise « rare » des Comores, à ses débuts absolus

La notion de « rareté » est probablement la meilleure façon d’expliquer l’exploit des Comores, l’autre nation – outre la Gambie – à entrer dans une phase finale de la Coupe d’Afrique en tant que rookie complet. Rareté car il est rare de trouver le « Coelacanti », une espèce de poisson en voie de disparition de l’océan Indien au large des îles elles-mêmes et du canal du Mozambique, dont l’apparence rappelle exactement ce que son histoire suggère : un poisson préhistorique.

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Aussi rare que le travail encyclopédique réalisé par le commissaire technique Amir Abdou, un Comorien de deuxième génération, né en 1972 à Marseille, ville où s’est concentré l’essentiel de l’exode des insulaires, dont le lien avec la France reste – comme beaucoup d’autres colonies, pour le meilleur ou pour le pire – particulièrement net, surtout après l’indépendance (un paradoxe mais aspect typique à la fois) obtenu en 1975.

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Moroni en extase

Les échos de l’entreprise de l’archipel du sud-est africain, il y a près d’un an, ne se sont pas encore éteints : à Moroni, ces derniers mois (et encore moins quelques jours avant le coup d’envoi), on ne parle de rien d’autre : les Comores participeront à la Coupe d’Afrique. Chose impensable, surtout lorsqu’on analyse le fait que l’association de football de Moroni n’est affiliée à l’UEFA que depuis 2005 et que le premier match officiel n’a été joué que deux ans plus tard contre les « voisins de l’océan » de Madagascar. Longtemps ancré dans le bas du classement Fifa. Un pays d’une valeur de 700 mille euros qui, au moins localement, n’avait pas la moindre idée de pouvoir « rivaliser ».

2021 – Une formation de l’équipe nationale des Comores (Getty Images)

Crédit photo Getty Images

Cœlacanthes dans le flacon

« In loco », une expression utilisée non par hasard. Car, il est vrai que tout le monde à Moroni et ses environs connaissait bien les parents, enfants et petits-enfants qui avaient migré en France et en Belgique, mais personne ne pouvait penser que, parmi ces membres de la famille, parmi ces amis et amis d’amis (à cause de ceci, étant donné le petit nombre de la population, nous parlons) il y aurait eu d’authentiques héros nationaux capables d’amener l’équipe nationale de Coelacanti à la gloire. Tous sauf un : Amir Abdou, justement.

Le commissaire technique des Comores Amir Abdou (Getty Images)

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Ce but à Gigio Donnarumma

Déjà à partir de la carte d’identité précitée d’Abdou, on voit au premier coup d’œil que le natif de Marseille a grandi dans le concept de « deuxième génération ». Ainsi, dès son embauche, en 2014, il s’est mis à chercher aux quatre coins de l’Europe, les descendants – proches ou parents – de ces migrants entre les années soixante-dix et quatre-vingt-dix. Jusqu’à mettre en place une équipe nationale compétitive capable de rivaliser même avec les géants du football africain. Tout d’abord, l’attaquant de l’Etoile rouge de Belgrade, qui a rejoint l’équipe nationale en 2014, El Fardou Ben Nabouhane, ailier ou ailier droit ancien du Havre, qui a marqué pour Naples dans les groupes de Ligue des champions en 2018 et, en février dernier, à San Siro contre Milan en Ligue Europa, derrière le futur champion d’Europe Gianluigi Donnarumma.

Milan-Etoile Rouge, Ligue Europa 2020-2021 : but de Ben Nabouhane (Etoile Rouge) d’El Fardou devant Gianluigi Donnarumma. Photo de Jonathan Moscrop pour Getty Images

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Histoires de deuxième génération

« El Fardou Ben », comme on l’appelle, est jumelé à d’autres histoires incroyables. Comme celui de Ali Ahmad, 29 ans gardien ex toulousain et natif de Martigues, qui a passé toute l’année sans contrat après la sortie en janvier des Norvégiens de Brann. Un autre Franco-Comorien est Fouad Bachirou de Valence, actuel milieu de terrain d’Omonia Nicosie, à Chypre, ancien de l’Olympique de Marseille (avec des apparitions en Ligue Europa) Rafidine Abdallah e Kassim Abdallah |, frères : Kassim, souvent capitaine, est une piétonne amateur en quatrième division Marignane Gignac, ayant joué dans l’Athlético Marseille, deuxième équipe militante de la ville, en cinquième division. Rafidine, en revanche, évolue aujourd’hui dans le « B » suisse, au stade Lausanne-Ouchy, la deuxième équipe lausannoise. Né en 1994, il a porté les maillots de l’équipe de France jusqu’aux moins de 20 ans, avant d’accepter la convocation avec « l’équipe nationale des pères » et, parmi les équipes du club, il revendique d’importantes expériences avec les maillots de Lorient , Cadix et Beveren.

Rafidine Abdallah

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L’exploit rare d’Abdou : carneade en France, « héros des deux océans » en Afrique

Ce ne sont là que quelques exemples de nombreuses histoires uniques, que nous découvrirons à partir du 9 janvier sur les chaînes Discovery + dans la Coupe d’Afrique la plus technique et la plus compétitive de tous les temps.. Les surprises de l’entraîneur Abdou, qui a la mer et les aventures qui s’ensuivent dans le sang, ne s’arrêtent pas là : en 2020, en effet, il est – en même temps, le nouvel entraîneur d’une des équipes les plus titrées de Mauritanie, les Dauphins du FC Nouadhibou. A sept mille kilomètres de Moroni, sans compter les navettes réalisées dans son Marseille natal : « C’est un engagement absolu pour moi. Les jours et les nuits se confondent parfois, car je suis constamment au travail. Mais tout cela ne me pèse pas. Les Comores ? Ce sont les îles dont je viens, mais ce n’est qu’en 2013 que j’ai commencé à traiter directement avec elles. Jusqu’alors j’avais toujours coaché ​​dans les séries amateurs françaises de bas niveau. Quand la fédération m’a contacté, je n’ai pas voulu y croire. Quand je suis arrivé, notre équipe nationale était à la 198e place du classement FIFA, pratiquement aux toutes dernières positions. Nous étions à la sixième place des équipes nationales africaines en 2020 et nous avons obtenu la qualification dans un groupe absolument non trivial contre l’Egypte, le Kenya et le Togo. Maintenant, nous avons pataugé près de 70 mais, surtout, nous sommes dans la phase finale de la Coupe d’Afrique : c’est une émotion unique”.

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Marceline Desjardins

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