Billie Eilish a donné son seul concert français

La visite du chanteur de 20 ans s’est achevée mercredi soir dans la capitale. Un spectacle éblouissant.
« Cette soirée va être amusante. » Oh génial ? Néanmoins, Billie Eilish le jure en ce mercredi soir à l’Accor Arena, après quelques mélodies et visuels aussi enchainants que… des contours effrayants ou des canines puissantes. Nous avons parlé de plus satisfaisant comme une présentation. Mais alors.

Cela intéresse justement ce jeune Américain de 20 ans, devenu une autre pop star mondiale en deux recueils et quelques tubes parfois dansants, souvent pesants voire terriblement tourmentés. Une énorme réalisation célèbre et basique – elle a déjà remporté sept Grammy Awards en trois ans – avec des disques agressifs et éprouvants comme son grand « More joyful Than Ever » livré en juillet 2021. Un assortiment de morceaux que la femme a enregistrés avec son frère, Finneas, à la maison.
C’est ainsi qu’une adolescente a bien failli débarquer sur la scène de l’Accor Arena, comme si elle venait de quitter sa chambre d’ado avec un tee-shirt curieusement grand, un short, des chaussures et deux couettes en guise de stylisme. Un regard que l’on retrouve d’ailleurs dans la salle où de nombreux fans semblent être leur objet de culte. Mimétisme sensé quand Billie Eilish a eu plus de bon sens que ça que personne, ces derniers temps, pour inspirer le malaise juvénile, les interrogations de la jeunesse, la mission de satisfaction…

S’étendant aux terribles énergies vides
« Plus joyeuse que jamais dans la mémoire récente » rapporte le titre de sa dernière collection dans laquelle la jeune femme commence à voir la lumière. Aussi, elle ne cache pas son plaisir d’être là, sur cette gigantesque scène parisienne et de donner ses airs à ce public générationnel avec qui elle fait ce qu’elle veut.

Billie Eilish invite les gens à s’asseoir et tout le monde cherche sa place. Billie Eilish propose des étirements pour se débarrasser de terribles énergies et tout le monde est d’accord. Ou plus tout, Billie Eilish porte toute seule, entourée de seulement deux interprètes dont son frère, un immense spectacle, complètement éblouissant extérieurement mais choquant de cordialité. Elle divague, exploite l’aménagement qui lui permet de se retrouver au centre et plus près des gens en général, s’immisce sur un air pour demander que la sécurité transporte des conteneurs jusqu’aux premières lignes surchauffées, puis, à ce moment-là, revient perchée sur un boisseau à l’extrémité opposée de l’espace pour se rapprocher des observateurs du fond qui l’avaient vu jusqu’alors en minuscule.
Pendant deux heures, elle a relié sur les écrans de sublimes œuvres d’art encerclées d’ailes brillantes pour le bien nommé « Goldwing », un insecte monstre sur « You Should See Me In A Crown », chronique des photos de son enfant qui arrivent au bon moment pendant « Progressing in years », ou des projections de son visage pleurant de sombres larmes pendant « When The Party’s Over » comme dans son clip.
Billie Eilish soulève la foule avec la fantastique électro bouleversante d' »Oxytocin » renvoie Bercy avec son tube « Miscréant » et fait chanter sans rien demander près de 20 000 fans, criant les couplets de « Perte de temps » et particulièrement « Plus joyeux que jamais » pour une finale fracassante dans un enthousiasme rarement vu. Qui plus est, malgré cette démonstration de puissance, le vocaliste se ménage une opportunité d’accueillir le public en général pendant de longues minutes avant de quitter la scène. Comme si elle allait ensuite retrouver sa chambre et reprendre une vie ordinaire.

Albain Forestier

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