Le Figaro impitoyable : « Naples est le tiers monde de l’Europe ». Et seul le Polo high-tech de San Giovanni a Teduccio sauve

douze heures, 16 novembre 2021 – 07:40

Reportage du journal français. « Manfredi ? Les élites napolitaines l’attendent comme un messie ». Et encore : « Alors que toutes les villes se transforment, elle reste perchée sur ses clichés »

de Anna Paola Merone

Naples entre ombres et lumières. Une ville « délabrée et étouffée par ses dettes, attendant son sauveur ». Le Figaro a relaté les élections en Italie, consacrant presque une page au cas de Naples. L’article de Valérie Segond a été publié dimanche 3 octobre. Et cela commence par une hypothèse. « S’il n’était pas un fan déclaré de la Juventus, Gaetano Manfredi aurait de bonnes chances d’être élu maire de Naples au premier tour… Il est à l’opposé du maire sortant… Les élites napolitaines l’attendent comme le Messie.  » écrit Segond, qui était prophétique. «Gaetano Manfredi s’est effectivement imposé à tout le monde, il a gagné haut la main – note-t-il -. Nous avons choisi de raconter Naples précisément parce que nous imaginions que la victoire serait immédiate et écrasante, car Naples est une ville de référence pour de nombreux Français qui y vivent et la choisissent pour leurs voyages. C’est une vraie ville du Sud, pleine de problèmes, de contradictions, noyée par les dettes et le problème de la Camorra et plus susceptible d’éventuels changements. La chronique de ces jours est un point de départ pour décrypter le présent et se concentrer sur les priorités, les urgences, les points critiques mais aussi pour souligner la grandeur d’une ville, qui renvoie d’abord au développement technologique. Vous avez une petite Silicon Valley, l’excellence authentique ».


Vie quotidienne difficile

Pour le reste il n’y a pas de quoi se réjouir : « Naples est le tiers monde de l’Europe » dit Segond qui rappelle le tunnel de la Victoire fermé, Bagnoli et ses trente ans de promesses et de projets tombés dans l’oreille d’un sourd, le trafic dans les rues, la pourriture, le vert abandonné. « Alors que toutes les villes d’Europe se transforment, Naples reste figée dans ses clichés, qui font aussi son charme ». Donc les touristes adorent, la vie culturelle est animée et les musées certes bondés, mais la vie quotidienne reste difficile, avec les transports en commun à la ruée, les chantiers de métro ouverts depuis 1990 et toujours en attente et les services municipaux inefficaces, avec un effectif insuffisant et la pauvreté dans les banlieues explosives. « Une pauvreté de services – dont le rédacteur en chef du Corriere del Mezzogiorno, Enzo d’Errico a confié au Figaro – a d’abord pénalisé les pauvres, qui n’ont pas les moyens de recourir aux services privés ».

« Pomme dans une friche »

La petite délinquance et la Camorra occupent les territoires différemment et font aussi des affaires dans le secteur de la santé. Parallèlement, la Région a lancé quelques actions de régénération urbaine, comme à Scampia, « une ville dortoir au nord de Naples célèbre pour Gomorrhe », note le journal français. Mais le véritable centre d’excellence se trouve à San Giovanni a Teduccio. « Une friche où Apple a créé en 2016 un centre européen de formation pour développeurs d’applications, l’Apple Academy à laquelle ont adhéré neuf autres entreprises technologiques…. Un hub d’où partent au total un millier de jeunes chaque année » note Le Figaro à qui Giorgio Ventre, directeur scientifique de l’Apple Academy, dit avec une grande clarté qu’à Naples« il y a une petite Silicon Valley, la troisième pour le nombre de start-up créées ». Une autre lumière dans la ville douloureuse est Tecno : « Sur la Riviera di Surplombant la mer à Chiaia, il existe une entreprise – précise Valérie Segond – de télésurveillance de l’impact environnemental des grands chantiers ». Le président et fondateur Giovanni Lombardi raconte fièrement au journal français que sur ses 140 employés, 25 viennent du Nord. les ombres sont sombres. « Naples est accablée de dettes et a la dette par habitant la plus élevée d’Italie » comme l’a confirmé le candidat Manfredi à Segond. Qui maintenant, en tant que maire, a retroussé ses manches, a sa propre équipe et attend e e gouvernement de tenir certaines promesses. Pendant que la France regarde de loin.

16 novembre 2021 | 07:40

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Campion Roussel

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